home

search

18 Révolution

  Chapitre 18 – Révolution

  I

  Aldric et Elusco se ruèrent dans les rues d’érasdil, des corps de civils et encore plus de corps de Chevaliers d’Or jonchaient le sol. Ils montèrent la rue qui menait à la porte. Partout ?a sentait la fumée, la boue, le sang et la sueur. Ils arrivèrent à la grande porte principale. Un templier en cotte de mailles les reconnus et fon?a vers eux. Il retira son heaume. C’était Bertulf. Ils leur montrèrent la foule de citoyens vaillants armés des réserves des templiers et de l’armurerie des paladins. Les templiers faisaient front et bombardaient la porte de sorts. Elle avait une partie en bois derrière une herse en métal. Ils faisaient front pour la population, tous ceux pouvant lancer des sorts ou se servir d’un arc ou d’une arbalète abattait les soldats au-dessus de la porte et sur les murailles. Un templier, en face de la porte, en cotte de mailles et portant un heaume décoré, parla d’une voix qui résonnait dans les esprits des gens.

  - ? Un sort de communication de Divination ? ?a devait être lui qui avait contacté Adnama au nom de Bertulf. ? pensa Elusco

  - ? C’est mon lieutenant, Adalbert Bougaissard. Il est le templier le plus puissant de la cité. Il est incorruptible ! Lui seul peut venir à bout de cette porte ! ?

  - ? Fils et fille d’érasdil ! Nous avons perdu récemment nos paladins, nos guérisseurs et protecteurs. Pour certains c’étaient des amis, des conjoints, des frères, des s?urs, des parents et des enfants. Le Haut Clergé n’est plus, de même que les Chevaliers d’Or ! Il ne reste que l’Archevêque et sa Garde Gelée ! Celui qui a corrompu cette cité et nos vies ! Les maisons Montallane dont le fils est parmi nous en tant que templier et la maison Estiefort nous aideront de l’intérieur de la cité. Ouvrant les trois autres portes vers la ville haute ! N’oubliez par leurs blasons! Un ours doré sur un fond rouge pour les Montallane et un aigle blanc sur un fond vert pour les Estiefort ! Ne les attaquez pas, ce sont nos alliés, même s’ils sont nobles. Ils étaient nos yeux et nos oreilles dans les agissements du gouvernement et des milices de la ville haute. Templiers ! Prêtres ! Léguez-moi votre force ! Faisons s’écrouler cette porte de malheur ! ? cria magiquement le lieutenant.

  Les templiers et les prêtres présents serrèrent les mains. Une lueur dorée et blanche émanait d’eux. Une même lueur commen?ait à briller en Adalbert. Une lueur de plus en plus puissante, de plus en plus vive. Il baissa son épée, qu’il tenait dans la main droite et ferma son gantelet de sa main gauche. Sa main gauche se mit à briller d’une lueur bleutée et il frappa la herse de son poing. Au début rien ne se passa. Puis une secousse se fit sentir. La herse se déforma sous l’impact et s’arracha : s’enfon?ant dans la porte elle-même. Il mit son poing en l’air qui brilla tel la lueur de l’aube et il frappa la porte et la herse enfoncée en son sein. Rien. Puis une lumière aveuglante suivit d’un son fracassant. La porte et les murailles séparant les castes avaient explosé. Le lieutenant plia les genoux et les prêtres le prirent en charge. Les templiers chargèrent en rangs serrés, suivit du peuple, prêt à se battre pour leurs vies et contre la corruption.

  - ? Le Faux Commandeur est tombé hier, mes amis. Fon?ons vite ! Vers la maison Montallane, suivez-moi ! ? dit Bertulf.

  Ils coururent dans les rues pavées de la ville haute. Les maisons étaient en belles pierres taillées et en bois décoré, leurs toits en ardoises. Les batisses avaient des ornements en bois, en pierre ou en métal, avec beaucoup de couleurs. Rien à voir avec la villa basse. Le peuple chargeait et Bertulf fit prendre des ruelles à Aldric et Elusco. Au bout de plusieurs minutes de marche accélérée, ils arrivèrent devant une demeure arborant un étendard d’un ours doré sur un fond rouge : La demeure des Montallane.

  II

  - ? C’est ici ! Vite, entrez ! ?

  Ils entrèrent une grande et belle maison. Elle avait un escalier menant à l’étage et était richement décorée et meublée. Elle était faite de pierres taillées grises claires et de bois sombre. Un serviteur les vit et leur indiqua le chemin vers la salle de réunion. Ils virent des hommes et des femmes en armures, d’autres lieutenants de l’Ordre du Temple, d’après leurs tabards. Ils virent le chef de la maison Montallane : Walaric Montallane. C’était un homme aux cheveux blonds et grisonnants, avec une barbe et moustache taillées et plusieurs cicatrices. Il avait des yeux bleu foncé. Il portait une cotte de mailles et le tabard de sa famille. à c?té de lui se tenait le chef de la maison Estiefort : Nithard Estiefort. C’était un homme roux aux longs cheveux grisonnants et à la longue barbe rousse grisonnante et à la moustache épaisse. Il avait lui aussi de nombreuses cicatrices et portait lui aussi une cotte de mailles avec le tabard de sa famille. La salle avait une table centrale avec plusieurs cartes de la ville et des batiments, avec des notes écrites en érasdilen. Ils leur expliquèrent en vitesse le plan.

  Les templiers allaient frapper le Haut Temple d’Isophe pour faire diversion. Diversion pour que le mage Elusco et son redoutable allié, Aldric, puissent trouver l’accès au passage secret dans le temple. Il y a une entrée derrière, elle ne sera probablement pas fortement gardée. Ils attaqueront de front le Haut Temple, for?ant les troupes à se tenir à l’avant. Permettant aux deux d’accéder au laboratoire secret que leurs espions ont trouvé. Ils contiennent des paladins qui peuvent être encore sauvés. Le passage secret se trouve sous l’autel, il y a un levier caché derrière une statue à l’opposé de l’entrée de derrière sur le mur du fond, à sa droite. Le plant étant établi, ils passèrent à l’assaut.

  Les templiers chargèrent le Haut Temple, bati comme un gigantesque palais religieux, arborant une statue d’Isophe, une femme aux cheveux longs, habillée d’une robe, tenant une balance dans une main et une flamme dans l’autre. Aldric et Elusco pénétrèrent dans les jardins du temple, évitant les soldats qui se ruèrent vers l’entrée du batiment, où avait lieu l’offensive. Elusco utilisa la neige pour cré des orbes d’eau qui le suivirent. Ils trouvèrent la porte en question. Elusco lan?a un sort de silence sur lui, la porte et Aldric qui la défon?a d’un coup de pied, dans le silence le plus total. Ils foncèrent à l’intérieur. Le Haut temple était décoré de vitraux multicolores, de colonnes, de bancs en bois, de tapisseries et de statues. Elusco trouva le levier derrière la statue à droite du mur du fond du temple. Il l’enclencha et s’empressa de jeter un sort de silence sur l’autel. Ce dernier bougea dans le silence le plus total. Ils virent un escalier en colima?on et le descendirent. Ils virent des couloirs avec des gardes. Elusco avait des orbes d’eau prise de la neige de dehors juste derrière lui et envoya une pique de glace dans la tête d’un garde du laboratoire là où Aldric en fracassait un autre, pris par surprise.

  III

  Les couloirs étaient en pierre sombre et il y avait peu de luminosité, seulement quelques torches. Ils virent des ge?les où croupissaient des hommes et des femmes blessés. Les ge?les étaient petites et les prisonniers entassés comme du bétail. Il y avait des fers qui les retenaient au mur. Les ge?les étaient répugnantes, sentant l’urine et les déjections. Il y avait des humains, des elfes et des erdoss. Elusco ouvra les grilles en métal ? à la naine ? pendant qu’Aldric s’occupait de broyer les ge?liers, préparés à tout sauf à un erdoss faisant trois têtes de plus qu’eux et maniant une étoile du matin à une main. Ils étaient tous les deux répugnés de voir les conditions dans lesquelles ils traitaient des paladins, de leur propre peuple qui plus est. Les gardes se firent broyer par un Aldric enragé pendant qu’Elusco libérait et soignait les paladins en vitesse. Il y avait des jeunes et des vieux, souffrant d’ecchymoses et de blessures atroces en plus de souffrir d’infections. Elusco les guérit tous, sans exception, il n’allait pas en laisser un seul en sale état. Cependant, cela le fatigua énormément et il devait beaucoup se concentrer et être extrêmement rapide et précis dans ses soins et ses guérisons. Aldric s’occupa des renforts qui approchaient, il était un rempart vivant, encaissant les coups de son bouclier et de son corps. Des templiers arrivèrent par-derrière les renforts ennemis et les prenaient en tenaille. Les ge?liers furent massacrés jusqu’au dernier. Les combattant d’élites escortèrent les paladins, qui étaient marqués à vie par ce qu’ils avaient vécu ici. Et ?a, Elusco le savait parfaitement. Son visage s’assombrit. Aldric fut soigné par les Disciples et Elusco qui réparait aussi son armure et son bouclier.

  Aldric voyait qu’Elusco peinait de plus en plus. Ils avancèrent dans les couloirs et trouvèrent les laboratoires. Ils étaient remplis d’étagères contenant des multitudes de fioles et des tables recouvertes d’alambics et autre matériel. Il y avait des banques de sang et des grandes tables avec des menottes en fer pour les bras et les jambes des sujets d’expériences. Il y avait de nombreux outils d’alchimiste et même de boucher. Il y avait des tableaux en pierre remplit de formules alchimiques. Les chercheurs étaient habillés de vêtements blancs et de tabliers. Les murs de la salle étaient aussi sombres que le reste de souterrains. Il y régnait une odeur de sang, de viscères et d’odeur chimique… ou plut?t, alchimique. Ils virent les chercheurs apeurés, leurs jetant des fioles dessus. Elusco créa une barrière pour les protéger des projectiles. Il en détruit plusieurs en plein vol avec des projectiles de glace, faisant attention à ne pas blesser les chercheurs.

  - ? Aucune pitié pour eux ? se dit-il ? Ils osent pervertirent les sciences pour torturer et tuer des disciples. Ils n’ont eux aucune pitié avec les paladins, je n’en aurais AUCUNE avec eux. ?

  Il embrasa ses mains et créa un souffle de feu qui gagnait en puissance à chaque seconde. Au bout d’une minute de cris étouffés par le bruit des flammes. Il n’avait laissé derrière lui que des laboratoires calcinés et des chercheurs réduits en cendres.

  The author's content has been appropriated; report any instances of this story on Amazon.

  - ? Vous faites honte aux vrais érudits, pourrissez dans les enfers. ? dit Elusco froidement en regardant leurs corps br?lés jusqu’aux os.

  Il trouva des ouvrages sur leurs découvertes et les embrasèrent pour que personne ne lise leurs travaux impies.

  Les laboratoires s’embrasèrent avec toutes les concoctions alchimiques créant une fumée toxique. Elsuco la chassa avec sa ma?trise du vent. Ils sortirent en courant des laboratoires secrets. Elusco peinait davantage à suivre le rythme et Aldric le remarqua. Il rangea son arme et son bouclier et le porta dans ses bras. Ils remontèrent les escaliers et sortirent du temple.

  - ? Direction le Palais Cathédral de Suiveurreau ! ? dit Bertulf ? finissons en avec cet Archevêque de malheur ! ? il regarda Elusco ? Faite qu’il tienne le coup le jeunot, je l’apprécie ! ?

  IV

  Ils virent les grandes portes en bois renforcées du palais. Les templiers finirent d’abattre les derniers gardes et creusèrent des entrées dans la porte avec leurs épées ardentes. Ils pénétrèrent dans le Palais Cathédral de Suiveurreau et virent les derniers gardes et l’Archevêque, sur son tr?ne, donnant des ordres, hystérique et paniquant comme un animal prit au piège. Les gardes furent foudroyés les uns après les autres par les templiers et les chatiments divins d’Isophe à travers eux. Le palais avait une table à six chaises en deux demi-cercles autour du tr?ne, qui était en haut d’un escalier. De nombreuses statues étaient présentes, représentant des Hauts évêques et Archevêques du temps jadis. Il y avait aussi des peintures aux murs et des tapisseries somptueuses. Il y avait un grand tapis bleu et beaucoup d’étendard montrant ceux de chaque famille de chaque Haut évêque, des Chevaliers d’Or, de la Garde Gelée et enfin, au fond, en grand et derrière le tr?ne, l’étendard de l’Archevêque, Une couronne d’argent sur un Soleil doré sur un fond bleu foncé. Le même bleu que les tapis. Il y avait de nombreuses colonnes, chandeliers en or, argenteries et vitraux grandioses et multicolores. Cela donnait une aura divine au lieu. Une odeur d’encens en émanait tout particulièrement. Aldric pensa que ce n’était que le joli petit palais d’un tyran. Elusco, lui était trop épuisé pour voir le décor. Le dernier garde tomba et l’Archevêque fut encerclé. Bertulf s’avan?a :

  - ? Rendez-vous, Zwentibold Caffalac. Au nom de l’Ordre du Temple ! Au nom du peuple d’érasdil ! ?

  - ? D’accord... ? dit le vieil homme, semblant résigné. Il était vieux, ridé, à la longue barbe et moustache blanches, aux longs cheveux blancs et habillé d’un épais manteau de fourrure violet remplit de dorures et d’une coiffe religieuse fusionnée à une couronne, ayant son l’emblème de l’Archevêque.

  Il descendit de son tr?ne. Il avan?ait le regard vide, tremblotant. Elusco réussit à se relever et descendit des bras forts d’Aldric. Et il remarqua tout de même que quelque chose clochait dans l’attitude du vieillard et le murmurait à Aldric. Il n’arrivait plus à parler à voix haute, il n’en avait plus la force. Il tenait à peine debout de par sa simple volonté. Aldric saisit sa hachette au cas où, sentant un coup fourré, une embuscade ou quelque chose du genre. L’Archevêque lui semblait pathétique. Pour Elusco, l’Archevêque n’était qu’un tyran à abattre. Quand l’Archevêque approcha de Bertulf pour mettre les menottes, son regard s’embrasa de fureur et il sortit rapidement un pic empoisonné de sous sa robe épaisse. Il le planta entre les mailles du cou de Betrulf qui avait enlevé son heaume.

  - ? Lache ! ? cria Aldric, qui lan?a sa hachette droit sur l’archevêque.

  Le vieil homme regarda dans la direction du cri d’Aldric et vit la hachette venir en un éclair se planter profondément dans son crane. Le vieux tyran s’écroula, mort.

  Elusco chargea en titubant vers Bertulf, lui retira le pic et mit ses dernières forces dans un sort d’antidote et de soin combinés. Il voyait flou, mais peu importe. Il sacrifia même son propre sang de l’intérieur de son corps pour amplifier le sort. Quand Bertufl ouvrit les yeux et inspira d’un souffle de vie, Elusco s’effondra inconscient sur le sol. Il avait trop puisé dans sa magie, dans son esprit et ses forces vitales au fil de cette aventure.

  Loin au-delà de l’Espace et du Temps, un frémissement se fit sentir. Enfin, le moment qu’Elle attendait. Enfin Elle pourrait s’emparer de l’ame d’Elusco et l’arracher à sa tendre mère adoptive.

  V

  Mais il n’en fut pas ainsi pour la sombre déesse, bannie depuis les temps immémoriaux dans les abysses par Adnama. Elle la maudissait. Elle savait pour son fils grace à ses pouvoirs et désirait son ame pour la dévorer et se délecter du chagrin de son ennemie jurée. Cependant, rien de cela ne se passa. Au grand regret de cette déesse perfide. Les dieux et déesses n’avaient rien à voir à la survie du jeune elfe. Cela, il le devait à lui-même et à sa propre ame résiliente, au plus profond de lui. à sa propre force intérieure. à sa volonté de vivre.

  Il se réveilla plusieurs jours plus tard, trois pour être plus précis. Aldric était à son chevet, épuisé et veillant sur lui, il était dans un hospice, le lit était simple et il était prêt d’une cheminée. Aldric l’entendit bouger, se réveilla en sursaut et le prit doucement dans ses bras, pour ne pas lui faire mal après son coma. Elusco réussit à se lever, prit ses affaires et vit Bertulf, ainsi que Folgarda et tous les paladins qu’il avait sauvés de l’article de la mort. Tous le saluèrent quand il passait. Aldric lui expliqua que la cité était en train de devenir une démocratie comme Suharrien et que les privilèges de la noblesse et du clergé avait été abolis. Les richesses et les ressources commencèrent à être équitablement partagées au sein du peuple. Il parlait même de commerce avec Omadili, désormais. Le Paradis Givré, la drogue des riches, fut détruite avec toutes ses réserves et interdite dans la cité. Ils re?urent leur solde en pièces d'argent et d'or de l'Ordre du Temple, en récompense pour tous leurs efforts fournis.

  Elusco incanta le sort de rappel en prenant son temps. Lui et Aldric lévitèrent dans la rue et Aldric salua une dernière fois ses frères d’armes.

  Le vulpin fut nommé Le Tueur de Tyran et Tueur de Corruption et la légende grandissante d’Aldric Nibelstimme du clan des Crocs-écarlates traversait les bouches et les oreilles et finit par arriver à Long Automne. Qui sait comment les clans d’erdoss de Long Automne réagiront à la nouvelle d’un survivant des Crocs-écarlates, d’Aldric Nibelstimme.

  Le sort s’achevant, le duo disparut et rentra dans le domaine de Grande-Roche. Le duo se demandait comment se portaient Ricina et Edvard dans leurs aventures à eux.

  Aventure n°3 – Clergé et Hérésie – FIN

Recommended Popular Novels