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TENSIONS

  Le moulin prit six semaines à construire.

  Six longues semaines de bruit, de poussière, de paysans qui charriaient des pierres, avec l'odeur de sueur et de sciure qui imprégnait tout le domaine.

  Mais quand ce fut terminé, c'était magnifique.

  on avait devant nous , une structure en pierre et en bois, avec trois étages de haut, et une roue immense qui tournait dans la rivière . notre efficacité venait d'être multipliée par dix.

  Avant, broyer cent kilos de grain prenait deux jours de travail manuel. Maintenant, le moulin le faisait en trois heures.

  ? C'est incroyable, ? dit Gregor en observant la roue tourner.

  ? Ouais. ?a change tout. ?

  ? Vous allez faire quoi avec tout ce grain moulu ? ?

  ? On va le vendre ou le transformer pour en faire du pain ou de la bière. On verra. ?

  Il sourit. ? Vous avez toujours des idées, monseigneur. ?

  ? C'est mon travail. ?

  Mais tout le monde n'était pas content de mes progrès. Un matin, un carrosse luxueux arriva au manoir et un noble en descendit.

  La quarantaine. Grand , mince. il avait les cheveux blonds coiffés en arrière, un costume élégant et un visage hautain.

  ? Baron Rothfeld, ? dit-il en s'approchant.

  ? Oui ? ? je répondis. ? Et vous êtes… ? ?

  ? Comte Valerian de Montclair. ? Il me toisa. ? Votre voisin. Enfin, maintenant que vous avez acheté les terres des Dornier. ?

  Ah. Le domaine que j'avais acheté était adjacent au sien. Je m'en souvenais vaguement.

  ? Enchanté, ?dis-je sans conviction.

  ? Je ne le suis pas. ? Il regarda autour de lui, le moulin , les champs et les batiments rénovés. ? Vous avez été… occupé. ?

  ? Oui. ?

  ? Trop occupé, peut-être. ?

  Je fron?ai les sourcils. ? Qu'est-ce que ?a veut dire ? ?

  ? vous perturbez l'ordre établi en ces lieux . Vous, un petit baron sans importance, vous achetez des terres, construisez des moulins et vendez de l'alcool au bal royal. ? Il se pencha légèrement. ? Vous oubliez votre place. ?

  La colère monta en moi, il commen?ait vraiment à me taper sur le système.

  ? Ma place ? ?

  ? Oui. Un baron reste un baron. Vous n'êtes pas un comte et encore moins un duc. Vous devriez rester…. modeste. ?

  ? Allez vous faire foutre. ?

  Il cligna des yeux, surpris. ? Pardon ? ?

  ? Vous avez bien entendu. Allez. Vous. Faire. Foutre. ?

  Son visage devint rouge. ? Comment osez vous ?

  ? Sortez de mon domaine. Maintenant. ?

  ? Vous allez le regretter, Rothfeld. ?

  ? Peut-être, mais pas aujourd'hui. Gregor ! ?

  Gregor apparut. ? Monseigneur ? ?

  ? Raccompagne le comte hors de mes terres. ?

  ? Tout de suite, monseigneur. ?

  Gregor s'approcha, le comte le regarda, puis me regarda et cracha par terre.

  ? Vous n'avez pas fini d'entendre parler de moi. ?

  Il remonta dans son carrosse et partit.

  Je suis resté là, les poings serrés tremblant de rage.

  ? Enfoiré, ? ai-je murmuré.

  Cette nuit-là, Lise me trouva dans mon bureau. Je fixais mes notes sans rien lire vraiment.

  ? Qu'est-ce qui s'est passé ? ? demanda-t-elle en s'asseyant.

  ? Un comte de merde est venu. un certain Valerian de Montclair. ?

  ? Je le connais, il est riche, arrogant et détesté par tout le monde. ?

  ? Ouais. Il m'a dit de rester à ma place. ?

  Elle rit. ? Bien s?r qu'il a dit ?a, il a peur. ?

  ? Peur ? De quoi ? ?

  ? il a peur de toi et de ce que tu représentes. Un noble qui bosse et qui réussit ?a le fait chier parce que ?a que contrairement à toi , lui ne fait rien. ?

  ? Peut-être. ?

  ? Certainement. ? Elle posa sa main sur la mienne. ? Ignore le. Il ne peut rien faire. ?

  ? Il a dit que j'allais le regretter. ?

  ? Ce sont des menaces vides de sens , il n'a pas de pouvoir sur toi. ?

  ? J'espère. ?

  Elle se leva, contourna le bureau et s'assit sur mes genoux face à moi, avec ses jambes de chaque c?té de mes hanches.

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  ? Arrête de penser à lui, ? murmura-t-elle.

  ? Comment tu veux que…. ?

  Elle m'embrassa avant que je finisse ma phrase .Sa langue for?a le passage entre mes lèvres, cherchant la mienne, avide, affamée. Mes mains attrapèrent ses hanches instinctivement, la tirant contre moi. Elle gémit dans ma bouche, d'un son qui me fit perdre la tête.

  Mes mains, glissèrent sous sa chemise, touchant la peau nue de son dos , chaude et douce. Elle frissonna, ses ongles griffant légèrement mes épaules à travers ma chemise, chose d'ailleurs qui ne me déplaisait aucunement.

  ? Alaric, ? haleta-t-elle contre mes lèvres.

  ? Oui ? ?

  ? Je…. ? Elle m'embrassa encore, plus profondément , ses hanches bougeant légèrement contre moi. Je sentis chaque courbe et chaque mouvement de son corps. Le sang afflua vers le bas de mon corps, ma queue durcissant instantanément.

  Elle le sentit évidemment et elle gémit encore, plus fort.

  ? Putain, Lise…. ?

  ? Je sais. ? Ses lèvres descendirent vers mon cou, me mordillant, elle voulait marquer son territoire . ? Moi aussi. ?

  Mes mains descendirent, et attrapèrent ses fesses à travers sa robe. Fermes et parfaites. Je l'ai serré contre moi et elle haleta.

  ? On devrait…. ? commen?a-t-elle.

  ? Oui. ?

  ? Mais…. ?

  ? Je sais. ?

  On se regarda tous les deux essoufflés et frustrés.

  ? Deux mois, ? dit-elle. ? On a dit deux mois. ?

  ? Ouais. ?

  ? On tient encore deux mois. ?

  ? ?a va être long. ?

  ? Très long. ? Elle m'embrassa encore, puis se leva. ? Je vais me coucher avant qu'on fasse une connerie. ?

  ? D'accord. ?

  ? Tu viens ? ?

  ? Dans cinq minutes. Le temps que…. ? Je regardai mon entrejambe. ? Que ?a se calme. ?

  Elle rougit. ? Désolée. ?

  ? ne me mens pas, t'es pas désolée. ?

  ? Non, t'as raison. ? Elle sourit. ? à tout de suite. ?

  Elle partit.

  Je suis resté là, la tête en arrière, respirant profondément.

  Deux mois. Putain. Comment on va tenir deux mois ?

  Les semaines suivantes, les rumeurs commencèrent, à la cour d'Eclème.

  Apparemment, le comte Valérian parlait beaucoup. Il racontait à qui voulais l'entendre que j'étais un arriviste. Que j'avais triché pour gagner mon argent et que mon alcool était de la merde diluée.

  tout cela étaient des conneries. Mais des conneries qui se répandaient partout.

  Lise me l'apprit un soir.

  ? J'ai entendu des trucs au marché noble. ?

  ? Quoi ? ?

  ? Apparemment, il parait tu es un fraudeur , que ton alcool est frelaté et la meilleure , que tu as corrompu le roi pour qu'il achète tes bouteilles. ?

  Je ris amèrement. ? C'est ridicule. ?

  ? Oui mais les gens y croient. Certains, en tout cas. ?

  ? Et qu'est-ce que je fais ? ?

  ? Rien du tout . Continue à produire et vendre comme tu l'as toujours fait . Prouve leur qu'ils ont tort. ?

  ? Et si ?a ne suffit pas ? ?

  ? Alors on avisera. ?

  Pendant ce temps ,avec Sorin, j'avan?ais toujours. J'avais maintenant trois mages avec qui je travaillais. Sorin, le pyromancien , une fille de vingt ans, nommée Elara, aquamancienne, elle pouvait contr?ler l'eau, faire bouger des liquides, créer des courants. Et un vieux de cinquante ans, nommé Osric, géomancien il pouvait déplacer de petites pierres et modeler la terre.

  Avec eux, je testais ma théorie du réservoir. Après quatre semaines d'entra?nement intensif, Sorin est passé de dix minutes de flamme à quinze minutes soit une amélioration de 50%. Elara est passé de cinq litres d'eau contr?lés à huit litres, soit une amélioration de 60%.Osric quant à lui est passé de deux kilos de terre déplacés à trois kilos. Soit une amélioration de 50%.

  Tous s'amélioraient.

  ? C'est confirmé, ? dis-je un soir en relisant mes notes. ? La magie peut s'entra?ner, comme un muscle. ?

  ? Qu'est-ce que ?a veut dire ? ? demanda Sorin.

  ? ?a veut dire qu'on peut créer des mages plus puissants, en les entra?nant systématiquement. ?

  ? Vous pourriez ouvrir une académie. ?

  ? Une académie ? ?

  ? Oui, pour former des mages et leur apprendre à utiliser leur magie efficacement. ?

  J'ai réfléchi et c'était pas bête.? Créer une académie de magie, basée sur la science. Un jour peut être, quand j'aurai le temps et l'argent. ?

  ? Vous avez l'argent, monseigneur. ?

  ? Ouais. Mais je n'ai pas le temps. ?

  Un soir, deux semaines avant la date prévue du mariage, Lise et moi étions dans ma chambre.

  Allongés, nu sous les draps. Enfin, pas complètement nues , elle gardait sa chemise de nuit, et moi mon pantalon. Mais c'était déjà plus que d'habitude.

  La chaleur entre nous était insupportable.

  Mes mains exploraient son corps par-dessus sa chemise. Ses seins, petits mais fermes, ses tétons durcis que je sentais à travers le tissu. Elle haletait et cambra son dos vers moi , cherchant plus de contact.

  ? Alaric…. ? gémit elle.

  ? Oui ? ?

  ? Touche moi. ?

  ? Techniquement, je te touche. ?

  ? Non. comme tu sais le faire, s'il te pla?t. ?

  Ma main glissa sous sa chemise. laissant appara?tre sa peau nue et chaude. Mon pouce fr?la son téton et elle gémit si fort, ses hanches bougeant vers moi instinctivement.

  ? Putain, Lise…. ?

  ? Continue s'il te plait . ?

  J'ai continué en lui caressant et pin?ant doucement ses tétons. Elle se tortillait contre moi, ses cuisses serrant l'une des miennes, cherchant de la friction.

  ? Alaric, je… ?

  ? Quoi ? ?

  ? Je veux…. ? Elle m'embrassa, désespérée. ? Je veux que tu…. ?

  ? Deux semaines, ? ai-je murmuré contre ses lèvres. ? Plus que deux semaines. ?

  ? C'est trop long. ?

  ? Je sais. ?

  ? On peut pas juste…. ?

  ? Non. ? Je me for?ai à arrêter et j’ai retiré ma main. ? Non. On fait comme prévu et on attend. ?

  Elle grogna de frustration. ? Je te déteste. ?

  ? Arrête de mentir. ?

  ? D'accord. Je ne te déteste pas mais je suis frustrée. ?

  ? Moi aussi , crois moi. ?

  Elle regarda mon entrejambe. voyant la bosse évidente dans mon pantalon elle rougit.

  ? Ouais. Je vois. ?

  ? Deux semaines, ? je répétais. ? Et après, on pourra…. ?

  ? Tout. ?

  ? Oui , on pourra tout faire . ?

  Elle sourit. ? C'est moi qui ai proposé cela donc Je peux tenir encore deux semaines . ?

  ? Moi aussi. ?

  C'était un mensonge complet mais bon.

  Le mariage fut planifié pour le 15 du mois suivant. Dans deux semaines exactement.

  une petite cérémonie avec la famille, les amis proches et quelques paysans du domaine.

  Gregor organisa tout. notamment la location d'une petite chapelle à Falkenbourg, le prêtre, les fleurs et un festin simple mais bon.

  Lise voulait une robe spéciale. Elle la fit faire par une couturière d'Eclème. Une robe blanche à la fois simple et élégante.

  ? Tu la verras le jour J, ? dit-elle quand je demandai à la voir.

  ? Pourquoi ? ?

  ? c'est la tradition. ?

  ? Quelle tradition ? ?

  ? je viens de l'inventer . ?

  J'ai ri. ? D'accord. ?

  La veille du mariage, Valérian m’envoya un message. Un domestique me le livra, dans un parchemin scellé.

  Je l'ouvris.

  Baron Rothfeld,

  Félicitations pour votre prochain mariage avec une roturière. Quel choix... intéressant.

  J'espère que vous êtes conscient que cette union va vous fermer de nombreuses portes. Les nobles de la cour ne vous respecteront jamais. Votre réputation est déjà entachée et ce mariage ne fera qu'empirer les choses.

  Mais peut-être est-ce ce que vous voulez. Rester dans l'ombre avec votre…. marchande.

  Cordialement, Comte Valerian de Montclair.

  J'ai froissé le parchemin et l'ai jeté au feu.

  ? Enfoiré, ? je murmurai.

  Lise entra. ? C'était quoi ? ?

  ? Rien. Un message de Valérian. ?

  ? Qu'est-ce qu'il dit ? ?

  ? Des conneries sur nous et notre union. ?

  Elle s'approcha et me prit la main. ? Es ce que tu as des doutes ? ?

  ? Non. ?

  ? Vraiment ? ?

  ? Sincèrement. ? Je l'ai regardé. ? Tu es ce que je veux peu importe ce que les autres pensent. ?

  Elle sourit. ? Bien. Parce que demain, on se marie, et après ?a, t'es coincé avec moi. ?

  ? Je suis déjà coincé avec toi. ?

  ? Ouais. Mais à partir de demain, c'est pour la vie. ?

  ? Demain, ? ai-je murmuré. ? Et après-demain…. ?

  ? Quoi, après-demain ? ?

  ? Notre nuit de noces. ?

  Elle rougit.? Ouais, Notre nuit de noces. ?

  ? Tu es prête ? ?

  ? je suis terrifiée et excitée en même temps. ?

  ? Moi aussi. ?

  On se regarda longtemps.

  ? à demain, ? dit-elle.

  ? à demain. ?

  Elle partit dormir dans la chambre d'amis, pour la première fois depuis des semaines.

  Tradition, disait elle.

  Je suis resté seul dans ma chambre, incapable de dormir.

  Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.

  Journal. Jour 173.

  Demain, je me marie avec Lise.

  Une roturière, pour certains , une marchande pour d’autres mais pour moi c’est La femme que j'aime.

  Valérian m'a envoyé un message il essaie de me déstabiliser mais ?a ne marchera pas.

  Je m'en fous de ce que les nobles pensent. Je m'en fous de ma réputation.

  Tout ce qui compte pour moi c'est elle.

  Demain, elle devient ma femme.

  Et après-demain….

  Putain. J'ai hate.

  J'ai posé la plume, tout sourire

  Demain.

  FIN DU CHAPITRE 9

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